Un rein pour deux : le don d’organe de son vivant, un véritable cadeau
Pour Lori Oliver, donner un rein à son mari n’était pas seulement une question de lui sauver la vie, c’était un moyen de s’assurer qu’ils pourraient continuer à profiter de la vie qu’ils avaient construite ensemble.
« Les gens disent toujours que j’ai fait un cadeau énorme à Darren en lui donnant un de mes reins, souligne Lori. Mais ce qu’ils ne comprennent pas c’est qu’il s’agissait aussi d’un cadeau pour moi, de pouvoir faire ça pour lui, pour nous. »
En couple depuis le secondaire, Lori et Darren, qui habitent dans l’ouest de l’Île-du-Prince-Édouard, se sont mariés en 1994. Ils ont élevé deux enfants et ont bâti une vie riche et épanouie – elle, comme infirmière et lui, comme enseignant. Au début des années 2000, on a signalé chez Darren un risque de maladie rénale, mais sa santé est restée stable jusqu’à il y a environ cinq ans, lorsque des analyses sanguines de routine ont révélé une détérioration de sa fonction rénale.
Au début de 2022, il était en dialyse.
Lori et Darren n’ont pas eu besoin de discuter longuement des prochaines étapes. Leur plan d’action était clair. Puisqu’ils avaient le même groupe sanguin, Lori voulait bien sûr être la première personne à subir un test pour déterminer si elle pouvait lui donner un rein. Elle a aussi encouragé la famille de Darren à se faire tester, au cas où. Tout le monde a accepté, mais en fin de compte, cela n’avait pas d’importance. Lori était compatible.
« Le choix était évident pour nous, explique-t-elle. Je ne me suis pas posé de questions sur les implications du processus. »
Les mois qui ont suivi ont été ponctués de rendez-vous et de tests. Ce qui causait le plus de soucis à Lori, ce n’étaient pas les tests, c’était de savoir qu’elle ne pourrait pas soigner Darren durant son rétablissement, comme elle l’avait toujours fait, tant dans son rôle d’infirmière que d’épouse. Mais leur famille et leurs amis se sont mobilisés pour les soutenir; ils les ont soignés, se sont occupés de leur chien, et vérifiaient s’ils allaient bien.
Entourée de ses proches et d’une équipe de soins digne de confiance, Lori n’avait pas à avoir peur ni à s’inquiéter.
Le 17 octobre 2022, Lori a été opérée en premier, puis ce fut au tour de Darren. La greffe a été couronnée de succès.
Darren a retrouvé des couleurs, son énergie est revenue, et après une brève frayeur postopératoire, il s’est complètement rétabli. Au début 2023, sa fonction rénale était supérieure à la normale.
Ces jours-ci, le couple a repris ses voyages, aime bien passer du temps sur l’eau, et se prépare à accompagner leur fille jusqu’à l’hôtel le jour de son mariage dans quelques semaines.
Lori et Darren vivent la vie qu’ils avaient imaginée, sans penser à leurs reins.
Le don d’organe de son vivant permet une intervention planifiée, une convalescence plus rapide et peut souvent éviter aux patients de devoir subir une dialyse. Pourtant, l’an dernier, seulement 18 % des 3 212 greffes réalisées au Canada provenaient de donneurs vivants.
Les donneurs vivants peuvent donner une partie de leur foie ou l’un de leurs reins directement à une personne qu’ils connaissent, ou devenir le maillon d’une chaîne dans le cadre du Programme de don croisé de rein. Ils peuvent aussi faire don à un étranger! Pour vous renseigner davantage sur la possibilité de devenir un donneur vivant, consultez les ressources nationales offertes par la Société canadienne du sang.
À l’Île-du-Prince-Édouard, le Programme de remboursement pour les donneurs vivants aide à couvrir les frais remboursables.
Les Insulaires peuvent officialiser leur décision de faire don de leurs organes et tissus après leur mort sur le site makeitzero.ca ou lors du renouvellement de leur carte-santé de l’Î.-P.-É.