Faits historiques

1534 – L’Île est découverte par Jacques Cartier. Il la décrit comme étant « la plus belle terre qui soict possible de voir et plaine de beaulx arbres et prairies ». Plus tard nommée île Saint-Jean, c’est la France qui en prend possession. Le pays laisse toutefois l’Île pratiquement à elle-même pendant les deux siècles qui suivent.

1720 – Après avoir perdu l’Acadie aux Britanniques, les Français décident que le temps est venu de coloniser l’île Saint-Jean. Ils établissent une capitale à Port-la-Joye, en face du port de la ville actuelle de Charlottetown. Parmi les autres établissements importants, on trouve notamment Saint-Pierre (près de Morell), Trois-Rivières (Brudenell) et Malpec (est du comté de Prince).

1745 – Des troupes de la Grande-Bretagne et de la Nouvelle-Angleterre s’emparent de l’île Saint-Jean, et détruisent Port-La-Joye et Trois-Rivières.

1748 – Les Britanniques redonnent l’île Saint-Jean à la France en échange d’une ville en Inde.

1758 – Des troupes britanniques s’emparent de la colonie à nouveau et déportent les colons français et acadiens – soit près de 5000 personnes. Un petit groupe de colons, moins de 300, échappent à la déportation.

1763 – Le Traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans, qui oppose la France à la Grande-Bretagne. La France abandonne Québec, l’île Saint-Jean et l’île Royale (l’île du Cap-Breton) à la Grande-Bretage. Pour des raisons administratives, ces deux dernières sont ensuite annexées à la Nouvelle-Écosse.

1767 – Après avoir fait l’objet de travaux d’arpentage et été divisée en 67 lots d’environ 20 000 acres, l’Île est octroyée à un petit groupe de propriétaires privés. En échange de l’obtention de terres, les propriétaires promettent de les coloniser et de verser des rentes libératoires afin d’appuyer le gouvernement de la colonie; mais peu respectent leur promesse.

1769 – Après des revendications continues des propriétaires, l’administration de l’Île est retirée à la Nouvelle-Écosse et l’Île reçoit son propre gouverneur et sa propre administration civile.

1773 – Comme l’Assemblée législative n’avait pas de chambre où siéger, ses membres se rencontrent pour la première fois à la taverne Crossed Keys à Charlottetown. Le portier de la taverne aurait apparemment dit que ce parlement était discutable. Qu’il ait eu raison ou non, il s’agissait là de la deuxième Assemblée législative créée au Canada – seule celle de la Nouvelle-Écosse est plus ancienne.

1775 – Deux corsaires américains mènent un raid dans le petit établissement de Charlotte Town. Ils ne trouvent que peu de choses valant la peine d’être dérobées (excepté le sceau officiel de la colonie qui était fait en argent), ils se contentent donc de kidnapper deux membres du gouvernement. Les deux représentants finissent par être relâchés, mais le sceau, lui, n’est plus jamais revu.

1799 – Comme il y a beaucoup de « Saint-Jean » (villes, rivières, colonies, etc.) dans les Maritimes, l’Île décide de se renommer « Île-du-Prince-Édouard », en honneur de l’un des fils du roi Georges III : Edward, le duc de Kent (et père de la reine Victoria). Ironiquement, la seule fois où le prince Edward semble avoir parlé de l’Île, c’est lorsqu’il recommanda qu’elle soit à nouveau annexée à la Nouvelle-Écosse.

1803 – Formant ce qui est le plus important groupe de colons jamais venu à l’Île, 800 colons des Highlands écossais arrivent à Belfast. Ils sont financés par Thomas Douglas, comte de Selkirk, qui plus tard fonde l’établissement de la rivière Rouge au Manitoba. Au milieu des années 1800, les Écossais représentaient plus de la moitié de la population de l’Île, faisant du territoire celui étant le plus « écossais » de l’Amérique du Nord.

1816 – Les Insulaires affrontent un troisième hiver de famine de suite. De 1813 à 1815, des invasions de souris dévastent de nombreux établissements. L’année 1816 est surnommée « l’année sans été » en raison d’une énorme éruption volcanique dans le Pacifique qui a projeté d’énormes nuages de poussière dans l’atmosphère faisant ainsi baisser les températures et perturbant les récoltes partout dans le monde.

1830 – L’électorat de l’Île double de taille lorsque les catholiques obtiennent les pleins droits civils. En théorie, le catholicisme était illégal en Grande-Bretagne et dans son empire jusqu’en 1829.

1838 – Le Escheat Party (parti de la déshérence), mené par William Cooper, obtient le contrôle de l’Assemblée législative.  (La « déshérence » était le processus juridique par lequel la Couronne pouvait reprendre possession d’une concession de terre.) Les membres du parti demandent à la Grande-Bretagne d’annuler les concessions de 1767 et de redistribuer les terres aux tenanciers. Les autorités à Londres refusent de rencontrer Cooper et son parti s’effondre en quelques années.

1846 – L’inventeur Abraham Gesner dévoile un nouveau combustible à lampe qu’il nomme « kérosène » à une réunion de la Mechanics’ Institute à Charlottetown. Il s’agit de la première démonstration publique de ce combustible de l’histoire.

1847 – Province House ouvre ses portes.

1851 – La Grande-Bretagne accorde le gouvernement responsable à l’Île. Elle est dorénavant semi-autonome – elle est responsable de tout sauf du commerce étranger et de la défense.

1852 – Le premier câble télégraphique sous-marin de l’Amérique du Nord (et le deuxième au monde) relie Cape Traverse et Cape Tormentine.

1854 – Le traité de réciprocité entre les États-Unis et les colonies britanniques d’Amérique du Nord prend effet. Il s’agit essentiellement d’un traité de libre-échange qui stimule un boom économique à l’Île.

1855 – Charlottetown est constituée et devient la première ville de l’Île.

1864 – Des délégués arrivent à Charlottetown afin de discuter de la possibilité de créer une union politique parmi les colonies britanniques de l’Amérique du Nord. Malgré son enthousiasme initial pour le projet, l’Île décide de ne pas en faire partie.

1866 – Le traité de réciprocité prend fin. Les États-Unis se concentrent sur la reconstruction du pays et de son économie après une guerre civile et ne sont plus intéressés par le libre-échange. L’économie de l’Île continue de fleurir.

1868 – L’Île connaît son année la plus productive pour ce qui est de la construction navale : 120 navires sont construits dans ses chantiers. Entre 1800 et 1880, les constructeurs navals de la région fabriquent près de 4000 navires. L’Île-du-Prince-Édouard est l’un des centres de construction navale les plus actifs à l’extérieur de la Grande-Bretagne. La construction navale est le pilier économique de l’Île.

1871 – L’Île-du-Prince-Édouard décide qu’il lui faut un chemin de fer pour réussir son avenir. La province est hypothéquée pour en construire un, mais, en peu de temps, l’Île commence à succomber sous les coûts importants.

 1873 – Accablée par une dette croissante à cause de son chemin de fer, des travaux ferroviaires non terminés et les conséquences d’un commerce déclinant partout dans le monde, l’Île négocie une entente pour se joindre à la Confédération. En retour, la province reçoit six sièges à la Chambre des communes, quatre sièges au Sénat, le soulagement de sa dette ferroviaire et 800 000 $ pour l’achat des grands domaines privés qui y sont encore présents. L’Île-du-Prince-Édouard renonce à son indépendance.

1880 – L’industrie de la construction navale du Canada atlantique s’effondre. En quelques années seulement, l’économie de l’Île s’écroule. Des milliers d’Insulaires migrent vers les « États de Boston » afin de trouver du travail dans les usines et dans le domaine des services domestiques.  Au cours des 50 années qui suivent, la population passe de 120 000 à 80 000 habitants.

1885 – Consternés par le fait qu’ils dépendent encore des bateaux à glace pour le courrier et les déplacements pendant l’hiver, les Insulaires demandent un lien permanent au continent sous la forme d’un tunnel ferroviaire.

1895 – Robert Oulton et Charles Dalton sont les premiers à faire l’élevage du renard argenté en captivité avec succès. Ils partagent leurs secrets et leurs animaux reproducteurs avec un petit groupe d’associés. En dix ans, ils deviennent très riches. En 1912, quand le commerce du renard argenté est à son sommet, une fourrure vaut jusqu’à 2000 $. Pendant près de 20 ans, l’Île est la seule source de renard argenté d’élevage dans le monde.

1908 – Le roman Anne... La maison aux pignons verts est publié.

1917 – Le premier transbordeur brise-glace de la province est nommé Prince Edward Island. La traversée entre les nouveaux ports de Borden et de Cape Tormentine commence. Le navire allait demeurer en service jusqu’en 1968.

1919 – La seule route toujours fermée – celle entre Tracadie et Mount Stewart – est ouverte aux véhicules à la suite d’un vote. Jusqu’à cette époque, les automobiles n’avaient pas le droit de circuler sur les routes, mis à part quelques exceptions.

1922 – L’Île-du-Prince-Édouard devient l’avant-dernière province du Canada à octroyer le droit de vote aux femmes. Seul le Québec ne leur a toujours pas accordé – il ne le fera qu’en 1940.

1924 – L’Île-du-Prince-Édouard fait comme le reste du continent et change la conduite au côté droit de la route.

1925 – La première station radio de la province, CFCY, obtient le droit de diffuser.

 1941 – Carl Burke, qui est originaire de Charlottetown, fonde Maritime Central Airways. Au milieu des années 1950, elle était le troisième transporteur de passagers en importance et la plus grande compagnie de fret aérien du pays. En 1963, la compagnie est vendue à Eastern Provincial Airlines, qui se joint à Canadian Airlines dans les années 1980.

1947 – Le navire MV Abegweit, le transbordeur de passagers et de voyageurs bien-aimé, est inauguré. Les écoles ferment pour l’occasion et près de la moitié des résidents de la province se rendent visiter le bateau.

1964 – Pour célébrer le centenaire de la Conférence de Charlottetown, l’édifice commémoratif des Pères de la Confédération est ouvert. En 1973, le complexe est renommé Centre de la Confédération.

1965 – La comédie musicale Anne of Green Gables – The Musical™ fait sa première au Centre des arts de la Confédération.

1969 – Le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial signent un ambitieux plan de développement global visant à apporter l’économie de l’Île et sa société à l’époque moderne. L’Île ressent encore les effets de ce plan, bons comme mauvais.

1988 – Un vote parmi la population insulaire révèle qu’elle est d’accord pour que l’Île explore des possibilités quant à un lien fixe rattachant la province au continent. Selon les résultats, 59,4 % des Insulaires sont en faveur de l’idée, tandis que 40,6 % n’y sont pas favorables. La moitié des gens qui sont favorables au projet potentiel sont d’avis que le lien devrait être un tunnel et affirment plus tard qu’ils auraient voté contre le pont.

1997 – Le pont de la Confédération est inauguré.

 

 

 

Date de publication : 
le 31 Août 2015
Bureau du Conseil exécutif

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