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Méfaits liés aux opioïdes à l’Î.-P.-É.

Date de publication: le 3 Septembre 2026

Les opioïdes sont un groupe de substances comprenant notamment des analgésiques sur ordonnance et des drogues illégales. Lorsqu’ils sont utilisés exactement comme prescrits, ils peuvent aider les gens à gérer leur douleur en toute sécurité. Mais lorsque les opioïdes sont mal utilisés (en prenant une dose trop élevée, en ne respectant pas la posologie prescrite ou en consommant les médicaments d’une autre personne), ils peuvent être extrêmement dangereux, voire mortels.

Le fentanyl est un opioïde prescrit sur ordonnance pour traiter la douleur chronique; cependant, son usage non médical a été observé et signalé à l’échelle nationale et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les analogues du fentanyl évoluent et peuvent être nettement plus toxiques que le fentanyl de qualité pharmaceutique. Les surdoses de fentanyl ou d’analogues du fentanyl sont plus difficiles à traiter que celles d’autres opioïdes et peuvent nécessiter des doses beaucoup plus élevées de naloxone.

Les études nationales et provinciales montrent une tendance à la baisse de la distribution d’opioïdes sur ordonnance de 2018 à 2024, reflétant des changements de politiques, des lignes directrices cliniques mises à jour et une sensibilisation accrue aux risques liés aux opioïdes.

Santé Canada signale une présence croissante du fentanyl et de ses analogues dans l’approvisionnement en drogues illicites, et indique que ce marché illégal est devenu plus dangereux, ce qui contribue largement à la crise des surdoses au Canada.

Nous présentons ici les données disponibles les plus récentes sur les méfaits des opioïdes dans l’Île-du-Prince-Édouard, basées sur des sources de données multiples. Ces informations permettent d’éclairer la planification des programmes et d’identifier toute augmentation des méfaits liés aux opioïdes, y compris les surdoses et les décès.

Les données nationales concernant les surdoses et les décès sont communiquées en collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). 

Statistiques sur les surdoses et les décès liés aux opioïdes à l’Î.-P.-É.

Dans l’ensemble du Canada, les visites aux services d’urgence pour intoxication liée aux opioïdes ont diminué de 22 % en juin 2025 par rapport à la période de 12 mois précédente. L’Île‑du‑Prince‑Édouard a montré une tendance similaire, avec une diminution d’environ 44 % des visites à l’urgence pour intoxication liée aux opioïdes au cours des trois premiers trimestres de 2025 comparativement à la même période en 2024.

Les données relatives aux surdoses non mortelles proviennent du registre des traumatismes de l’Île-du-Prince-Édouard et des services d’urgence de l’hôpital du comté de Prince et de l’hôpital Queen Elizabeth1. Les données relatives aux décès sont compilées avec l’aide des services de laboratoire de Santé Î.-P.-É. et du bureau du coroner en chef.

Les cas peuvent différer de ceux inclus dans les données des services paramédicaux fournies par Island EMS.

Les données fournies dans le tableau concernant les décès sont également publiées au niveau national en association avec l’Agence de santé publique du Canada.

Période Nombre de surdoses accidentelles non mortelles liées aux opioïdes à l’Î.-P.-É.2Nombre de décès accidentels apparents liés aux opioïdes à l’Î.-P.-É.3Pourcentage de décès accidentels apparents liés aux opioïdes impliquant du fentanyl ou des analogues du fentanyl
Octobre à decembre 20257240%4
Juillet à septembre 2025734100%4
Avril à juin 20256440%4
Janvier à mars 202564425%4
202443757%
202347729%
202236617%
202125120%
202019850%
2019550%
201824813%
201710550%
2016non disponible520%

1Les données proviennent directement du registre des traumatismes de l’Île-du-Prince-Édouard ou sont régulièrement mises à jour par le Système national d’information sur les soins ambulatoires (SNISA) : https://www.cihi.ca/fr/metadonnees-du-systeme-national-dinformation-sur-les-soins-ambulatoires-snisa

2Les surdoses accidentelles d’opioïdes ne comprennent pas les surdoses découlant d’un désir des victimes de se faire du mal.

3Les décès accidentels liés aux opioïdes ne comprennent pas les décès liés à une surdose découlant d’un désir des victimes de se faire du mal. Seuls les cas clos (certifiés) sont rapportés.

4Les enquêtes sur les décès peuvent durer de 12 à 18 mois. Les données pour 2025 sont incomplètes et les chiffres peuvent augmenter au fur et à mesure que les enquêtes des coroners se poursuivent.

5La surveillance par le bureau du médecin hygiéniste en chef des cas toxicologiques se présentant aux services d’urgence de l’Île-du-Prince-Édouard a débuté en mai 2017.

Statistiques d’Island EMS liées aux opioïdes

Les statistiques relatives aux opioïdes provenant des données d’Island EMS (IEMS) sont publiées ici tous les trimestres.

Les données d’IEMS sont l’une des nombreuses sources de données utilisées par le bureau du médecin hygiéniste en chef pour surveiller la situation complexe des surdoses d’opioïdes à l’Île-du-Prince-Édouard. Les données d’IEMS recensent les surdoses présumément liées aux opioïdes que les données des hôpitaux ne contiennent pas nécessairement.

La première année civile complète de rapport d’IEMS au bureau du médecin hygiéniste en chef a été 2023. Ces données doivent être interprétées avec prudence, car au cours de l’année, des améliorations continues ont été apportées à la collecte des données et à l’identification des cas liés aux opioïdes.

Comme le montre le graphique, on constate une baisse marquée du nombre de surdoses présumément liées aux opioïdes signalées par Island EMS en 2025 (109) par rapport aux deux années précédentes (171 en 2024 et 137 en 2023). Cette tendance à la baisse reflète vraisemblablement les efforts continus visant à sensibiliser la population de l’Île aux risques et aux effets secondaires graves associés à l’usage non médical des opioïdes et des analogues du fentanyl.

French chart showing Island EMS suspected opioid overdoses
Island EMS Opioid calls French

 Statistiques d'IEMS de janvier 2023 à décembre  2025 : 

Période                    Nombre de patients ayant une surdose présumément liée aux opioïdes pris en charge par IEMS1Nombre et pourcentage de patients ayant une surdose présumément liée aux opioïdes à qui l’on a administré de la naloxone2Nombre et pourcentage de patients à qui l’on a administré de la naloxone et qui ont réagi positivement3
202510981 (74%)65 (80%)
oct. à déc. 2317 (74%)15 (88%)
Juill. à sept.3324 (73%)18 (75%)
Avr. à juin2823 (82%)18 (78%)
Janv. à mars2517 (68%)14 (82%)
2024171114 (67%)95 (83%)
Oct. à déc.2315 (65%)12 (80%)
Juill. à sept.5035 (70%)33 (94%)
Avr à juin   5234 (65%)27 (79%)
Janv. à mars 4630 (65%)23 (77%)
2023137107 (78%)90 (84%)
Oct. à déc 4436 (82%)32 (89%)
Juill. à sept. 5440 (74%)34 (85%)
 Avr à juin 2119 (90%)14 (74%)
 Janv. à mars 1812 (67%)10 (83%)

1Les appels à IEMS divulgués comme étant présumément liés aux opioïdes sont identifiés à partir de tous les patients du 911 où les ambulanciers ont pris contact et ont rempli un rapport de soins au patient. Les cas sont ensuite filtrés en fonction des critères d’inclusion et d’exclusion suivants :

  • Critères d’inclusion : (1) Tous les patients identifiés avec des codes de problèmes primaires, secondaires ou finaux de « surdose de drogue/alcool », « surdose d’opioïde présumée », « surdose non opioïde », « abus de substance/intoxication », « ingestion de surdose », « surdose de stimulant », ET/OU (2) une documentation de l’administration de naloxone.
  • Critères d’exclusion : (1) Les appels en dehors de la période de déclaration, (2) les cas où l’objectif principal de l’appel est lié à une demande de services de traitement, de services de gestion du sevrage ou d’assistance pour des questions sociales ou psychiatriques, une situation non aiguë, des preuves solides ou une intention déclarée que la surdose était intentionnelle ou liée à l’automutilation (sauf si elle est exprimée après l’intoxication), liée à une blessure subie pendant l’intoxication et non à l’intoxication elle-même, et les appels liés à un patient qui prend accidentellement une dose supplémentaire de médicament lorsque le médicament supplémentaire n’a que peu d’impact clinique sur le patient.

On détermine si les patients sont soupçonnés d’être intoxiqués, y compris par des opioïdes et/ou des antécédents d’administration de naloxone avant l’arrivée ou par un ambulancier paramédical. Les substances intoxiquantes présumées sont fondées sur les informations fournies par le patient, les passants ou recueillies sur place. Les substances intoxiquantes ne sont pas basées sur les résultats de laboratoire des patients.

2Le nombre de patients recevant de la naloxone peut être une légère surestimation du nombre réel de surdoses d’opioïdes, étant donné que les patients reçoivent de la naloxone lorsque des signes d’une diminution de l’état de conscience sont identifiés. Toutefois, une diminution de l’état de conscience n’est pas nécessairement le signe d’une surdose d’opioïdes. La plupart des cas confirmés de surdoses liées aux opioïdes (signalés depuis 2017) et de décès (signalés depuis 2016) impliquaient une toxicologie mixte (substances multiples).
3La naloxone ne permet d’inverser que les surdoses d’opioïdes (héroïne, fentanyl, médicaments sur ordonnance, etc.). Ainsi, les personnes qui réagissent positivement (augmentation de l’état de conscience) à la naloxone indiquent qu’elles avaient une surdose liée aux opioïdes. Il convient d’être prudent avec cette interprétation en raison des cas de toxicologie mixte avec les opioïdes, où la naloxone annule l’effet des opioïdes mais pas celui des autres substances présentes (par exemple : tranquillisants ou benzodiazépines).