Une pépinière permet de cultiver les forêts de demain à l’Île-du-Prince-Édouard
La pépinière J. Frank Gaudet de la province produit maintenant 1,3 million d’arbres par année. Pour y parvenir, le personnel de la pépinière fait pousser des semences de l’Î.-P.-É. pour en faire des arbres prêts à être plantés.
Hailey Blacquiere, responsable du développement de la production, explique que le personnel de la pépinière ne cultive que des espèces d’arbres indigènes à partir de semences provenant d’un verger local qui abrite une collection d’arbres sélectionnés pour leurs meilleures caractéristiques.
« Nous avons fait pousser ces arbres côte à côte pendant plusieurs années et nous surveillons régulièrement leur croissance, leur forme et leur état de santé. À mesure qu’ils grandissent, ils échangent du pollen, et ce sont ces semences que nous utilisons dans notre pépinière pour produire des plants de grande qualité. »
Tout ce qui n’est pas planté passe l’hiver à la pépinière du chemin Upton, où une petite équipe d’hiver veille à ce que ces arbres soient en parfait état pour la prochaine saison de plantation.
Les jeunes arbres plus petits sont placés dans des bacs pour l’hiver, ce qui signifie qu’ils sont regroupés dans des contenants spéciaux fabriqués à partir de palettes, construits sur place, explique Mme Blacquiere.
« Nous construisons de petits abris et nous y plaçons les arbres. Les plants ont un peu d’espace pour respirer et sont bien à l’abri pour l’hiver. Nous reproduisons les conditions naturelles autant que possible tout en protégeant les arbres contre le poids de la neige afin qu’ils puissent continuer à croître la saison prochaine. »
Les jeunes plants plus grands sont conservés dans des abris plus spacieux qui fonctionnent de la même manière, mais offrent un peu plus d’espace aux arbres plus imposants.
Mme Blacquiere indique que la plupart des arbres provenant de la pépinière provinciale ne sont pas vendus commercialement.
« La plupart de nos arbres sont utilisés dans l’un des six programmes forestiers qui visent à créer et à diversifier les forêts. Certains programmes s’adressent aux groupes de bassins hydrographiques pour la plantation dans les zones tampons, tandis que d’autres soutiennent les propriétaires de lots boisés privés. »
Le reboisement est l’une des principales raisons pour lesquelles la pépinière produit autant d’arbres. Qu’il s’agisse de replanter après des conditions météorologiques extrêmes, de consolider des zones tampons ou de reconvertir des terres en forêts, une production d’arbres de qualité est essentielle.

« Les arbres ont une influence sur les animaux, l’eau, l’air, le sol… en fin de compte, ils influencent tout », affirme Mme Blacquiere.
« Lorsque nous voulons reboiser rapidement, nous reproduisons la succession naturelle des forêts, donc nous plantons d’abord de l’épinette blanche et du pin blanc. En ce moment, nous travaillons sur la deuxième génération de notre semence améliorée d’épinette blanche. Elle pousse vraiment bien, jusqu’à 30 cm par an. »
Ces arbres constituent le point de départ, puis d’autres espèces peuvent venir s’ajouter naturellement ou grâce à l’aide d’un programme provincial. Après quelques années, le nouveau peuplement forestier peut être éclairci, puis enrichi par la plantation d’essences feuillues, ce qui crée un bon habitat pour la faune et augmente également la valeur du bois.
Ce processus s’harmonise bien avec la recommandation de la Commission des forêts de l’Î.-P.-É. visant à augmenter la production de bois feuillu. Accroître la diversité des arbres permet de créer des forêts plus productives et plus résilientes face aux changements climatiques. Depuis cette recommandation, la pépinière s’efforce d’augmenter la production de plants de feuillus. La production de bois feuillu s’élevait à 5,5 % en 2025 et est en augmentation, les prévisions de récolte de semences laissant entrevoir une nouvelle hausse pour la saison à venir.
Beaucoup de gens demandent comment acheter un arbre issu du stock rustique de la province. Inutile de vous rendre à la pépinière J. Frank Gaudet, car ces arbres sont uniquement offerts dans l’une ou l’autre des jardineries locales participantes de l’Île-du-Prince-Édouard ou dans le cadre d’un programme forestier provincial indiqué à la page Arbres et plantation.